
L'appareil photo
Simon commença un examen méthodique : l'objet léger, gris anthracite, était rehaussé d'un liseré d'argent. D'instinct, il tint l'appareil devant lui et regarda sur le petit écran. Il vit grand-père qui agitait une main amicale. En tenant ainsi le boîtier, son doigt vint presser un bouton qui se dressait à droite sur son sommet : il l'enfonça à plusieurs reprises.déclenchant ainsi un bruit de ressort électronique. Il regarda l'appareil sous toutes ses coutures. Simon était vraiment très content. Il sauta au cou de Grand-père et Grand-mère.
- Oh, merci ! C'est justement ce que je voulais...
-Vas-y ! Maintenant, tu peux photographier tout ce que tu veux. Dit Grand-père. Le soir, avec ton père, tu transféreras sur l'ordinateur. Vous pourrez ainsi faire un tri et garder les meilleurs clichés.
- Ah, ça marche comme ça ? Alors ? Avec l'ordinateur ? Demanda Simon. Tu es au courant, papa ? Tu connais ?
- Bien sûr, répondit son père. Ne t'inquiètes pas... Tu peux y aller... Flashes dans tous les sens...
Les langues de feu de l'inspiration descendirent sur les épaules de Simon car tout d'un coup, la stupéfaction et les interrogations cédèrent à des transports indescriptibles. Il sauta encore une fois au cou de ses grands-parents comme s'il voulait les étouffer ; puis il tourna autour de la table. Il se figeait net, à deux mètres de chaque convive, ajustait son appareil à la hauteur du sujet ; regardait l'écran; retenait son soufle ; articulait un ésotérique "clic-clac" !
Il surprit ainsi les rêveries d'Amélie.
Il procéda de nouveau à l'union de sa mère Eléanore, secouée par une franche rigolade, avec son époux Philippe, in grand yab té porte gro linett zékai torti, sové zone, figir pitaklé kodèn. Son père, un blanc, originaire des Hauts de lîle, solide gaillard,au visage couvert de taches de rousseur et aux cheveux blonds. Il lui faisait des clins d'oeil derrière ses lunettes à la monture en écaille de tortue. Il alla se prosterner aux pieds de Ninik qui s'était drapée des airs altiers de reine d'Espagne.
Adrien se retrancha derrière son réflexe maladif de timidité : visage baissé derrière des bras tendus, mains grandes ouvertes, il cherchait à fuir l'appareil indiscret. Ces premiers essais enthousiasmèrent le photographe...
Auto-portrait
© Joséphine
A suivre...
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